Rétine : quoi de neuf ?

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Thérapie génique

Les résultats préliminaires de 3 essais simultanés publiés en 2008 avaient démontré la tolérance et l’efficacité modeste d’une injection sous-rétinienne de virus AAV2 porteur de RPE65 pour le traitement de l’amaurose congénitale de Leber [1-3]. Plus récemment, un quatrième essai retrouvait des résultats préliminaires comparables [4].

Nous disposons maintenant de résultats avec un recul de 3 ans chez 5 cohortes de 3 patients, âgés de 11 à 30 ans [5]. La technique d’injection a été modifiée : au lieu d’une injection sous-rétinienne (un seul site) au cours d’une vitrectomie 23G, les deux dernières cohortes ont reçu le traitement par injection en 2 sites (canule 39G), après vitrectomie 25G. Le volume injecté variait selon les cohortes de 125 µL à 2 fois 225 µL.

Concernant la tolérance, la thérapie génique sous-rétinienne ne semble toujours pas poser de problème d’effet indésirable systémique. Localement, un certain nombre de complications liées à la procédure chirurgicale sont à noter, telles que décollement de rétine persistant (1 patient, réapplication après réintervention), effusion uvéale (1 patient, résolutif sous traitement médical prolongé), hypotension dans la période postopératoire immédiate (4 patients).

Chez tous les patients, une certaine amélioration de la fonction visuelle a pu être mesurée, à divers degrés, en utilisant des tests spécifiques : sensibilité rétinienne grand champ, pupillométrie, champ visuel, test de mobilité, qualité de la fixation, et une amélioration de l’acuité visuelle a même pu être notée chez certains, ce d’autant que la fixation était extrafovéolaire initialement (mais il est alors possible que l’entraînement et les mesures répétées, dans un essai non masqué, puissent expliquer en partie cette amélioration).

Au fur et à mesure, de nouvelles questions émergent, notamment concernant le nombre et la meilleure localisation des injections (faut-il soulever la fovéa ?) ou l’âge auquel il convient d’envisager le traitement (les meilleurs résultats en termes d’acuité visuelle ont été observés chez des patients âgés de 24 à 30 ans).

L’équipe de Bennett et Maguire s’est posé la question de l’intérêt d’injecter le deuxième œil. Ainsi, 3 patients ont reçu une injection dans l’œil controlatéral, de 1,7 à 3,3 ans après la première injection. Après 6 mois, cette réinjection ne pose pas de problème de tolérance, et semble apporter un gain visuel supplémentaire, tant sur des tests spécifiques (sensibilité, mobilité)[...]

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À propos de l’auteur

CHNO des Quinze-Vingts, PARIS.

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