Les inflammations intraoculaires qui baissent la vision

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Les uvéites infectieuses

Les atteintes postérieures sont les plus dangereuses. Elles se manifestent par une baisse visuelle brutale et souvent unilatérale. L’examen du segment antérieur pourrait être trompeur avec une uvéite granulomateuse synéchiante. Il est donc important d’accéder au segment postérieur le plus rapidement possible. Toute corticothérapie périoculaire ou systémique doit être évitée à ce stade.

Les principales étiologies sont la toxoplasmose, la syphilis, la maladie des griffes du chat et la nécrose rétinienne aiguë d’origine virale.

>>> Le foyer rétinochoroïdien toxoplasmique [1] est rarement au pôle posté-rieur lors de la poussée initiale. La baisse visuelle serait alors en rapport avec un décollement séreux rétinien, une occlusion vasculaire, une atteinte du nerf optique ou une hyalite dense et enfin une hypertonie oculaire importante. Le décollement de rétine rhegmatogène est très rare mais possible, en particulier dans les formes périphériques étendues. Le diagnostic est avant tout clinique, complété par l’imagerie angiographique et OCT. Dans les cas atypiques, la ponction de chambre antérieure est effectuée et le diagnostic pourrait être confirmé à partir de la PCR, du coefficient de charge immunitaire et d’un immunoblot. Le traitement antiparasitaire est fréquemment proposé, souvent associé à une corticothérapie systémique. Les nouvelles molécules ne posent plus les complications dramatiques connues auparavant avec la sulfadiazine. La durée moyenne du traitement est de 6 semaines. Lorsque le risque de cécité est important, une prophylaxie peut être envisagée grâce au Bactrim®.

>>> Les atteintes bactériennes sont également à prendre en considération. La syphilis est la grande simulatrice, mais les formes de choriorétinopathie en plaques sont plus volontiers associées à une baisse visuelle. La sérologie TPHA-VDRL fait partie de tout bilan minimal d’uvéite et son résultat positif permettra de mettre en place rapidement la pénicillinothérapie systémique.

>>> La maladie des griffes du chat se manifeste par une neurorétinite aiguë. La sérologie sanguine est un bon élément diagnostique mais elle peut être faussement négative. Un traitement antibiotique sera discuté en fonction des différents éléments cliniques et de l’ensemble du bilan.

>>> Enfin, la situation la plus sérieuse est la nécrose rétinienne aiguë virale [2]. Les virus du groupe herpès sont fréquemment en cause. L’atteinte est surtout périphérique mais s’associe à une hyalite dense et des vasculites rétiniennes sévères.[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Pitié-Salpêtrière, PARIS.