Optique adaptative : vers de nouveaux concepts de la pathogénie des occlusions veineuses

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L’optique adaptative (OA) est une technique optoélec-tronique fondée sur l’adaptation dynamique d’un miroir déformable pour corriger les aberrations optiques des milieux oculaires, ce qui augmente la résolution latérale des images. Les systèmes actuels d’OA permettent une résolution latérale de 1 à 5 mm. L’imagerie du fond d’œil utilisant l’OA a été développée durant les deux -dernières décennies par plusieurs équipes dans le monde. Les indications de l’OA, d’abord confinées au comptage des photorécepteurs, s’étendent progressivement à mesure que le nombre de structures rétiniennes identifiées par OA augmente.

Dans le domaine de la pathologie vasculaire, de nombreuses applications apparaissent prometteuses, en particulier pour ce qui concerne l’hypertension artérielle. Les patients hypertendus ont en effet une paroi artérielle plus épaisse que les patients normotendus, en raison d’un remodelage adaptatif de la paroi microvasculaire, initié par un réflexe myogénique puis stabilisé par un réarrangement moléculaire. Cette différence d’épaisseur peut être quantifiée par l’imagerie par OA qui permet de mesurer le rapport paroi sur lumière (wall-to-lumen ratio) (fig. 1). Ce rapport est indépendant du grandissement de l’image, et n’est que modérément corrélé à la taille du vaisseau, ce qui en fait un marqueur robuste et qui peut être mesuré de manière fiable chez plus de 90 % des sujets.

Notre équipe a publié une étude montrant qu’il existait une relation étroite entre pression artérielle et épaisseur pariétale des artérioles rétiniennes [2]. En fonction du niveau de la pression artérielle, l’épaisseur pariétale peut ainsi varier du simple au double voire au triple. Cela ouvre la voie à une nouvelle approche thérapeutique de l’hyper-tension artérielle, fondée sur l’effet des traitements sur la microcirculation. En effet, il est possible qu’à l’avenir l’effet d’un traitement sur la microcirculation soit évalué sur la dilatation microvasculaire induite. De plus, des données préliminaires suggèrent que l’épaisseur pariétale microvasculaire est un paramètre plus stable que la pression artérielle, pouvant ainsi offrir une estimation du “passé pressionnel” d’un sujet donné.

De plus, nous avons exploré les lésions focales associées à la rétinopathie hypertensive telles que les croisements artérioveineux et les rétrécissements artériels focaux. De manière surprenante, nous avons observé que les croisements pathologiques ne présentent le plus souvent pas de contact direct entre artère et veines. Cela a pu être démontré en particulier sur des anomalies veineuses tout à fait identiques à celles rencontrées dans les croisements pathologiques mais sans recouvrement par une artère, à l’opposé de la plupart des cas de “signe[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Ophtalmologie, Fondation Rothschild, PARIS.

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