Dysfonctionnements meibomiens, faut-il tous les traiter ?

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Comme dit si bien mon maître THX (nom de code du Pr Thanh Hoang-Xuan), si tu cherches un dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM), tu le trouveras souvent. On retrouve en effet un DGM chez plus de 50 % de la population. Celui-ci n’est cependant pas toujours symptomatique, loin de là. Quand doit-on le rechercher ? Faut-il toujours le traiter ? Comment ? Voici les questions dont nous allons discuter dans cet article.

Comment rechercher le dysfonctionnement des glandes de Meibomius ?

C’est l’examen clinique du bord libre qui permet de poser le diagnostic. La présence d’une inflammation et d’un remaniement du bord libre, de télangiectasies (fig. 1), de bouchons meibomiens, d’antécédents de chalazions sont autant d’arguments évocateurs.

On ne se fiera pas à la normalité du bord libre. Seule la meibopression permettra de poser le diagnostic de DGM devant un meibum visqueux, blanchâtre, sortant mal ou peu (fig. 2). À l’inverse, une séborrhée meibomienne se traduira par un meibum très fluide en grande quantité et avec des larmes mousseuses.

Le temps de rupture des larmes (BUT) raccourci inférieur à 10 s traduit la sécheresse évaporative du DGM. L’examen du visage recherche une rosacée ou une dermite séborrhéique.

Les examens d’imagerie peuvent être utiles car objectivant l’atteinte meibomienne :

  • la meibographie permet d’imager les glandes de Meibomius et d’objectiver une éventuelle atrophie meibomienne (fig. 3) ;
  • l’interférométrie du film lacrymal permet de mesurer l’épaisseur du film lipidique des larmes.

Quand faut-il traiter ?

Il n’est probablement pas justifié de traiter tous les DGM asymptomatiques. Cependant, en cas de chirurgie du segment antérieur ou avant port de lentilles, un traitement préventif peut être conseillé. En effet, les DGM sont de grands pourvoyeurs de sécheresse oculaire post-chirurgie réfractive, post-cataracte ou après port de lentilles de contact. Ils peuvent également provoquer des complications trophiques, inflammatoires ou infectieuses. Il semble donc licite de rechercher un DGM dans ces contextes particuliers et de le traiter. L’examen clinique et les machines de diagnostic doivent[...]

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À propos de l’auteur

Praticien Hospitalier, Hôpital Bichat et Fondation A. de Rothschild, PARIS.

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