Le diagnostic d’une sécheresse oculaire

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La sécheresse oculaire est un problème fréquent puisqu’elle concerne 10 à 40 % des sujets selon le pays et l’âge de la population étudiée [1]. Cette pathologie est devenue la plus fréquente des maladies oculaires, même si les formes très sévères, mettant en jeu le pronostic visuel, sont heureusement minoritaires. À l’inverse, la plupart des sécheresses oculaires altèrent de façon significative la qualité de vie, personnelle comme professionnelle [2]. Il est donc important de connaître les grandes lignes des méthodes d’exploration. Si le diagnostic positif et étiologique de sécheresse oculaire n’est pas toujours aisé, il existe pourtant quelques bases méthodologiques pour examiner un patient suspect de sécheresse oculaire dans un intervalle de temps compatible avec la pratique en cabinet de ville, tout en couvrant une grande partie des caractéristiques de la surface oculaire du patient en question. Le récent rapport du groupe de travail international DEWS II a défini quatre étapes majeures dans la conduite du diagnostic [3].

>>> La première correspond aux questions de triage. Le DEWS II en propose une courte liste : quel est le niveau de sévérité des symptômes ressentis ? Depuis combien de temps dure cette sécheresse oculaire et existe-t-il des phénomènes déclenchants ? Votre vision est-elle affectée et cela s’améliore-t-il après clignement ? Est-ce que les symptômes de rougeur ou autres signes d’inflammation prédominent d’un seul côté ? Vos yeux ou vos paupières vous grattent-ils avec un écoulement associé ? Portez-vous des lentilles de contact ? Ressentez-vous une sécheresse de la bouche ou des douleurs des articulations distales ? Prenez-vous des médicaments par voie générale ou avez-vous des maladies connues ?

>>> Si les réponses à ces questions font suspecter une sécheresse oculaire, il convient alors de mieux préciser dans l’interrogatoire les facteurs de risque ou déclenchants (lentilles de contact, exposition à la fumée ou à d’autres toxiques, utilisation des écrans, traitements en cours par voie générale et topique, autres antécédents médicaux).

>>> La troisième étape de la conduite diagnostique proposée par le DEWS II est l’analyse précise de la symptomatologie. Une des façons très pratiques et ne consommant que peu de temps médical est de proposer aux patients de remplir un questionnaire en salle d’attente avant la consultation. Il existe de nombreux questionnaires adaptés, mais deux sont plus volontiers conseillés en clinique courante : le DEQ-5 (Dre Eye Questionnaire) qui comporte 5 questions, et l’OSDI (Ocular Surface Disease Index) qui en comporte 12 [4, 5]. Le calcul du score permet de se faire rapidement une idée de la sévérité. Un groupe de travail avait fixé à 33 sur 100 le score OSDI évoquant[...]

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À propos des auteurs

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Bicêtre, Université Paris Sud, LE KREMLIN-BICÊTRE. Laboratoire de Virologie Moléculaire et Structurale, UMR 3296, CNRS, GIF-SUR-YVETTE

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Bicêtre, LE KREMLIN-BICÊTRE.

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