Rétinopathie diabétique proliférative : continuer les PPR !

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Hutton DW, Stein JD, Glassman AR et al. Five-year cost-effectiveness of intravitreous ranibizumab therapy vs panretinal photocoagulation for treating proliferative diabetic retinopathy: A secondary analysis of a randomized clinical trial. JAMA Ophthalmol, 2019 [published online].

L’économie est une science finalement très sinistre qui vise à évaluer la façon dont les valeurs sont distribuées dans la société [1]. On emploi ici le terme “valeur” pour désigner un certain nombre d’éléments utiles comme que la nourriture, l’éducation, le logement. Ces valeurs ont une relative rareté, associée au fait qu’il y a davantage de demande que d’offre, et l’une des conséquences de la rareté est que les individus sont amenés à abandonner certaines valeurs pour en acquérir d’autres [2]. Par exemple, pour l’acquisition d’une voiture, on échangera une somme d’argent qui a été gagnée au dépend d’un certain nombre d’heures de loisir. En d’autres termes, on échange du temps de loisir contre une voiture. On conçoit bien le caractère sinistre de l’économie puisque les choses qui nous sont utiles et agréables ne sont pas simplement créées mais toujours acquises au détriment d’autres choses.

La santé est une valeur et la vue un élément de la santé. Les ressources de la société sont mobilisées pour le maintien de la santé et ce maintien est fait au détriment d’autres choses…

Depuis son agrément en 2006, le ranibizumab a complètement modifié le pronostic de nombreuses maladies de la rétine, en premier lieu celui des formes néovasculaires de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), mais aussi celui des complications rétiniennes du diabète (fig. 1) et des formes œdémateuses des occlusions veineuses. Compte tenu des améliorations anatomiques et fonctionnelles qui ont été apportées, il est logique que les ophtalmologistes puissent imaginer utiliser les anti-VEGF en première intention dans de nombreuses indications. L’analyse secondaire des données du protocole S publiée dans le dernier numéro de JAMA Ophthalmology par l’équipe du DRCR.net vient peut-être à point pour apporter des données économiques et montrer que, dans certaines circonstances, les ressources de la société sont mieux utilisées avec un traitement moins coûteux, même s’il peut apparaître un peu moins efficace.

Les auteurs visaient à comparer les rapports coût/efficacité à 5 ans et à 10 ans d’un traitement par anti-VEGF (ranibizumab 0,5 mg) et d’une photocoagulation panrétinienne (PPR) chez les patients présentant une rétinopathie diabétique proliférante. Les auteurs utilisaient la notion de QALY (quality-adjusted life year : année de vie pondérée par la qualité) qui est un indicateur économique visant à estimer la “valeur de la vie” [3]. Le QALY est utilisé[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.

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