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L’hiver de la faim

En juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie pour mettre fin à l’occupation nazie. En septembre 1944, aux Pays-Bas, les Britanniques conduisent l’opération Market Garden, une tentative pour récupérer les ponts franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas, dont le Rhin à Arnhem. L’opération vise à permettre aux Alliés d’atteindre rapidement la Ruhr [1]. Les Hollandais sur les lieux s’impliquent dans cette opération et se rebellent contre l’occupant. Malheureusement, l’opération est un échec et les Hollandais sont punis pour avoir pris parti : leurs rations de nourriture sont réduites à des portions minimales. Une ration d’adulte tombe à 580 calories par jour (soit environ un quart du minimum nécessaire à un être humain). L’hiver 1944-1945 est particulièrement rude et rend le peu de nourriture encore moins accessible. Cette période a été nommée l’hiver de la faim (Hongerwinter).

Parmi les adultes sous-alimentés, se trouvaient des femmes enceintes. Affamées, elles ont accouché de nouveau-nés en mauvaise santé et plus petits que la normale. Ce qui est apparu étonnant c’est que les filles nées dans ces conditions, devenues femmes dans les années 1960, ont elles aussi donné naissance à des bébés de petits poids avec une tendance au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Une fois adultes, dans les années 1980, les femmes petites-filles de l’hiver de la faim ont aussi donné naissance à des bébés de petits poids [2].

Cette famine subie par des femmes enceintes en 1944 a donc généré des changements du phénotype transmis de façon héréditaire sur plusieurs générations. De nombreux auteurs ont évoqué l’influence d’une modification de l’épigénome lors de la famine pour expliquer ce mode de transmission.

Överkalix

L’étude de la cohorte de la petite ville d’Överkalix dans le nord de la Suède illustre aussi l’influence du statut nutritionnel des parents et grands-parents sur le phénotype des descendants. La cohorte totalise 320 individus nés en 1890, 1905 et 1920 avec l’étude de registres qui rapportent la qualité des récoltes au cours des années. Il est apparu qu’une malnutrition chez le père, avant l’adolescence, se traduit par un risque plus faible de mortalité cardio­vasculaire[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.