Hémorragies du vitré spontanées et sans contexte pathologique

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Pighin MS, Berrozpe C, Jürgens I. Outcome of acute nontraumatic vitreous hemorrhage in healthy patients. Retina, 2020;40:87-91.

Le décollement postérieur du vitré (DPV) est un phénomène banal et le plus souvent sans conséquence, survenant chez les sujets d’âge mur. Dans de rares cas, ce DPV peut être accompagné de déchirures rétiniennes, d’une hémorragie intravitréenne (HIV) et même d’un décollement de rétine. La présence d’une hémorragie intravitréenne ne facilite pas le diagnostic de ces complications. Elle est elle-même un signe péjoratif. Alors que l’incidence d’une déchirure rétinienne serait de l’ordre de 10 % lors d’un DPV simple [1, 2], le risque de déchirure est évalué entre 54 et 91 % [3, 4] lorsqu’une HIV accompagne le DPV.

Devant une HIV accompagnant un DPV, il est parfois difficile de choisir entre la surveillance simple, en prévoyant une résorption rapide de l’hémorragie, et la chirurgie (vitrectomie). D’une part, la surveillance simple comporte le risque de laisser évoluer un décollement de rétine rhegmatogène qui pourra se compliquer rapidement d’une prolifération vitréorétinienne avec des lésions maculaires irréversibles. D’autre part, la chirurgie comporte le risque d’une cataracte, d’une membrane épimaculaire et même d’un décollement de rétine. L’importance de l’hémorragie est un élément important pour décider entre ces deux options. Une hémorragie minime permet de traiter par photocoagulation d’éventuelles déchirures périphériques en prévention d’un décollement de rétine. Elle facilite aussi le repérage d’un éventuel décollement de rétine.

Cette étude réalisée à Barcelone évaluait le pronostic visuel de 315 patients ayant un DPV associé à une HIV. Les auteurs ont séparé la cohorte en deux groupes, l’un avec une HIV totale, l’autre avec une HIV minime (permettant de distinguer le fond d’œil). 44,4 % des patients ont bénéficié d’une vitrectomie dans le groupe HIV totale contre 9,52 % dans le groupe HIV minime. L’acuité visuelle finale moyenne était de 20/25, sans différence significative entre les deux groupes (p = 0,064).

Les auteurs concluent que le DPV avec HIV est associé à une incidence élevée de complications rétiniennes qui incite à réaliser un suivi rapproché. L’importance de l’hémorragie n’est cependant pas un facteur qui influence le niveau de l’acuité visuelle finale.

Bibliographie

  1. Tan HS, Mura M, Bijl HM. Early vitrectomy for vitreous hemorrhage associated with retinal tears. Am J Ophthalmol, 2010;150:529-533.
  2. Verbraeken H, Van Egmond J. Non-diabetic and nonoculotraumatic vitreous haemorrhage treated by pars plana vitrectomy. Bull Soc Belge Ophtalmol, 1999;272:83-89.
  3. Dhingra N, Pearce I, Wong D. Early vitrectomy for fundusobscuring dense vitreous haemorrhage from presumptive retinal[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.

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