Le kératocône est-il une ectasie ou une déformation permanente non ectasique de la cornée ?

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Table des matières
  1. Calcul des aires
  2. Résultats

Le kératocône (KC) est-il associé à une ectasie cornéenne ? Il s’agit, à première vue, d’une étrange question à poser. L’ectasie est définie comme “la dilatation, l’élargissement ou l’expansion anormale d’un organe creux”, comme par exemple la déformation de l’aorte au cours de la maladie anévrysmale (fig. 1). La notion d’ectasie sous-tend celle de fragilité tissulaire et de distension progressive de l’organe lors de son fonctionnement normal.

S’il est bien évident que la cornée se déforme au fur et à mesure de la progression du kératocône, connaît-elle pour autant une expansion ? Autrement dit, l’aire de surface de la cornée augmente-elle lors de la progression de la maladie ?

La question a été soulevée pour la première fois en 2000 par Smolek et Klyce [1], qui ont comparé l’aire de surface de 29 cornées normales à celle de 61 cornées présentant un kératocône à divers stades de gravité, en utilisant les données du topographe Placido Tomey TMS-1. Dans cette étude, les aires de surface des cornées normales et kératocôniques étaient identiques, autour de 120 mm2, et les auteurs concluaient que le kératocône, plutôt qu’une réelle ectasie, correspondait plutôt à une “forme extrême de déformation (warpage) engendré par une dégénérescence stromale et des forces externes”. L’hypothèse d’un couplage biomécanique, engendrant un aplatissement périphérique secondaire à l’augmentation de cambrure centrale ou paracentrale, avait alors été soulevée par ces derniers. Kitazawa et al. [2] ont, en 2018, décrit l’absence de différence significative entre yeux atteints de KC et yeux sains pour les aires antérieures et postérieures étudiées à différents diamètres en OCT.

Calcul des aires

Des jeux de données topographiques plus importants peuvent-ils permettre d’apporter un nouvel éclairage à ce sujet ? Nous avons réalisé, lors d’une étude préliminaire, le calcul des aires de surface antérieures et postérieures, ainsi que des autres paramètres anatomiques calculés par l’Orbscan II d’un échantillon de 500 yeux sains et de 500 yeux kératocôniques.

Le topographe Orbscan II permet l’exportation de ses cartes d’élévation sous forme de matrice. L’espacement entre chaque point de mesure étant connu, il est possible, selon une méthode décrite initialement pour les cartes topographiques géographiques [3], de calculer la distance géométrique tridimensionnelle entre un point donné et ses voisins, grâce au théorème de Pythagore, puis d’en déduire l’aire des triangles qu’ils composent[...]

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À propos de l’auteur

Fondation Ophtalmologique, 
A. de Rothschild, PARIS.