Matériel exsudatif sous-rétinien et DMLA : quel intérêt pronostic ?

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Kumar JB, Stinnett S, Han JIL et al. Correlation of subretinal hyperreflective material morphology and visual acuity in neovascular age-related macular degeneration. Retina, 2020;40:845-856.

Le matériel hyperréflectif sous-rétinien (SRHRM [subre­tinal hyperreflective material]) correspond à la zone grisâtre observée sur les coupes d’OCT-B entre les néovaisseaux et la neurorétine sus-jacente. On considère que ce matériel fait partie des phénomènes exsudatifs qui traduisent l’activité néovasculaire. Le terme “matériel” est vague à dessein parce que la nature précise de cette hyperréflectivité n’est pas connue. Pour la plupart des auteurs, il s’agirait de sérosités, de fibrine, de sang [1]. En outre, il est probable que la composition de ce matériel évolue avec le temps. Ce matériel n’est pas spécifique des néovaisseaux de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

L’aspect du SRHRM n’est pas le même chez tous les patients et plusieurs auteurs ont recherché des corrélations entre l’aspect de ce matériel (son importance, son degré d’hyperréflectivité, l’aspect des bords) et le pronostic visuel des patients (fig. 1) [2, 3].

Les auteurs de cet article publié dans le numéro de mai de Retina visaient à déterminer l’intérêt pronostique des différents aspects du matériel hyperréflectif sous-rétinien chez les patients traités pour des néovaisseaux maculaires de la DMLA. Il s’agit d’une étude rétrospective sur une série consécutive de 73 patients (âge moyen 79,2 ± 8,9 ans) présentant des néovaisseaux maculaires liés à la DMLA initialement naïfs de traitement puis traités par injections intravitréennes (IVT) de bévacizumab. Les auteurs ont analysé l’aspect du SRHRM ainsi que l’aspect des autres signes d’activité néo­vasculaire lors de l’inclusion puis à 3 et 12 mois. L’acuité visuelle moyenne était à 20/100 initialement, 20/107 à 3 mois et 20/115 à 12 mois.

En analyse univariée, les paramètres de base associés à une valeur prédictive significative de l’acuité visuelle à 12 mois étaient la présence de fluides intrarétiniens, la présence de SRHRM, la présence d’un SRHRM épais très hyperréflectif avec des limites bien définies. Tous ces paramètres, à l’exception de la réflectivité élevée, étaient significatifs en analyse multivariée. Le paramètre initial le plus prédictif était la présence d’un SRHRM aux bords bien définis.

Cette étude confirme l’intérêt d’une analyse du SRHRM pour évaluer le pronostic visuel des patients ayant une forme exsudative de DMLA. L’intérêt de l’étude repose aussi sur la simplicité et l’accessibilité de l’examen des coupes d’OCT-B par la plupart des ophtalmologistes lors de l’examen initial des patients.

Bibliographie

  1. Willoughby[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.

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