Autophagie : nouveau concept en sécheresse oculaire

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Table des matières
  1. Conclusion

Lors du dernier congrès de la SFO, le Pr Marc Labetoulle a abordé un sujet novateur en sécheresse oculaire : l’autophagie. Pour commencer, les mécanismes de la maladie de l’œil sec, maladie ayant une composante inflammatoire dont la pathogénie a très bien été décrite dans le cercle vicieux par le Pr Christophe Baudouin, ont été rappelés. Au sein de ces différents mécanismes, l’hyperosmolarité joue un rôle central qui peut, à elle seule, entraîner une inflammation ou en être la conséquence.

Les osmoprotecteurs permettent de réguler cette inflammation et il semble que l’autophagie en soit un mécanisme d’action majeur. Plusieurs osmoprotecteurs – les acides aminés (la taurine), les polyols (l’érythritol), les sucres (le tréhalose), les méthyamines (la L-carnitine) – sont aujourd’hui disponibles dans des collyres sur le marché français.

Le tréhalose est un disaccharide naturel. Sa structure chimique glucosée, absente chez les mammifères, est présente dans des organismes comme les crustacés ou les plantes et est utilisée en médecine dans la préservation des organes avant la réalisation de greffes. Le tréhalose possède 5 fonctions protectrices sur les cellules : préservation des structures cellulaires, préservation de la fuite d’eau du cytoplasme lorsque les cellules sont soumises à la dessication, stabilisation des membranes lipidiques, réduction de l’apoptose des cellules soumises à un stress et induction de l’autophagie par renouvellement intracellulaire [1, 2] (fig. 1).

L’autophagie est le système naturel d’auto­nettoyage de la cellule. Elle met en jeu des protéines LC3-I et LC3-II qui constituent, avec les déchets de la cellule, un phagophore qui se complète et devient un autophagosome. Lorsque l’autophagosome rencontre un lysosome présent de façon naturelle dans les cellules et de composition très acide, la vésicule s’autolyse (autolysosome) et s’autodigère [3] (fig. 2).

L’étude de l’autophagie induite ou modifiée par le tréhalose a été permise par une modification de la protéine LC3 rendue phosphorescente, ainsi elle peut être suivie après incubation avec différents produits dans les cellules.

L’analyse des cellules incubées avec du tréhalose montre une augmentation de l’autophagie. En revanche, l’association acide hyaluronique et tréhalose, réalisée dans le Théalose®, dispositif médical de classe IIb, présente un effet synergique des deux molécules pour induire l’autophagie.

L’utilisation d’une deuxième sorte de protéine modifiée, avec un double marquage en fluorescence verte et rouge, a permis de démontrer que le cycle autophagique est induit de façon complète par l’ajout de tréhalose[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Ophtalmologie, hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre.