Neurotisation cornéenne pour la prise en charge des kératopathies neurotrophiques réfractaires

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La cornée est le tissu périphérique le plus densément innervé du corps humain. Cette innervation sensorielle permet des fonctions réflexes importantes de protection de l’œil et joue un rôle important dans la régulation de la sécrétion du film lacrymal. Les nerfs sensoriels participent également à la régulation de l’inflammation locale par la libération de peptides et de neuro­transmetteurs à partir de leurs terminaisons. Ils exercent divers effets “trophiques” ou nutritifs sur leurs cellules cibles tels que des rôles dans l’activité métabolique épithéliale, le maintien de l’intégrité cellulaire de l’épithélium et la promotion de la cicatrisation.

Une atteinte de l’innervation cornéenne entraînera des symptômes allant de la diminution de la sensibilité oculaire simple sans lésion cornéenne au syndrome de sécheresse oculaire, jusqu’à la kératite neurotrophique et la perforation cornéenne. Il n’existe pas actuellement de traitement disponible en routine pour la prise en charge des pathologies liées à une atteinte de l’innervation cornéenne. En l’absence de restauration de celle-ci, les traitements habituels ne sont que suspensifs et la réhabilitation visuelle de ces patients est très difficile. La neuro­tisation cornéenne est une approche chirurgicale innovante qui consiste à transférer un nerf sain (neurotisation directe) ou un greffon nerveux (neurotisation indirecte) à la cornée dénervée afin d’en rétablir la fonction sensitive.

Origine et anatomie de l’innervation cornéenne

L’innervation sensorielle de la surface oculaire provient pour 90 % d’axones périphériques des neurones sensoriels primaires situés dans le ganglion ipsilatéral du trijumeau. Une faible partie, environ 5 %, provient d’axones périphériques sympathiques et para­sympathiques issus respectivement des ganglions cervical supérieur et ciliaire ipsilatéraux.

Les faisceaux nerveux pénètrent de façon radiaire à la périphérie de la cornée à peu près au niveau du stroma moyen, vers 300-350 µm de profondeur. Lorsqu’ils pénètrent le stroma cornéen, les faisceaux nerveux perdent leur périnèvre et leur gaine de myéline à environ 1 mm de leur entrée[...]

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À propos de l’auteur

CHNO des Quinze-Vingts, Institut de la Vision, Sorbonne Université, PARIS.