La rétinopathie du prématuré (ROP) est une affection vasculaire proliférative qui touche la rétine immature chez 20 à 30 % des enfants prématurés dans le monde [1]. Si les premiers stades et les formes sans maladie de type “plus” régressent spontanément dans 80 à 90 % des cas, la maladie au stade 3, ainsi que les formes “plus”, peuvent évoluer vers un décollement de la rétine en l’absence de traitement [2], constituant ainsi une cause majeure de déficience visuelle et de cécité infantile à l’échelle mondiale.
En effet, une analyse combinée des données mondiales des quatre dernières décennies estime la prévalence des formes sévères de la ROP à 7,5 %, laissant 3,0 % des enfants prématurés avec des lésions visuelles permanentes [1]. Cependant, la réponse aux traitements par laser et aux anti-VEGF est particulièrement favorable, avec un taux de succès supérieur à 90 % pour stopper la progression de la maladie dans les cas éligibles (fig. 1).
L’optimisation des stratégies de dépistage représente ainsi non seulement un facteur clé dans la prévention des séquelles visuelles graves chez ces enfants, mais également une solution particulièrement rentable sur le plan économique [3]. Toutefois, deux enjeux majeurs entravent actuellement cette optimisation : d’une part la couverture et la précision du dépistage de la ROP et, d’autre part, la pertinence des biomarqueurs et des facteurs de risque actuellement utilisés pour identifier la ROP chez les enfants prématurés.
Améliorer l’accès et la couverture du dépistage de la ROP
On estime que 20 000 à 30 000 enfants nés prématurés perdent la vue chaque année en raison de la ROP, la majorité d’entre eux étant nés dans des régions où les systèmes de santé sont sous-dotés et où le dépistage de la ROP est insuffisant [4]. Une enquête récente [5], menée dans 92 pays sur la présence et l’efficacité des programmes de dépistage de la ROP, a révélé que seulement 85 % de ces pays disposaient de programmes de dépistage, et que 88 % d’entre eux avaient défini des critères de dépistage.
Une étude de cohorte prospective réalisée entre 2011 et 2022 par notre équipe a montré qu’au cours de la dernière décennie, seuls environ 70 % des enfants éligibles ont correctement bénéficié d’un dépistage de la ROP en France[...]
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