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Quoi de neuf en rétine et en imagerie ?

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L’évaluation de l’activité inflammatoire dans les uvéites postérieures non infectieuses reste un enjeu majeur. Pendant longtemps, elle a reposé surtout sur l’examen clinique et sur les critères du groupe SUN (Standardization of Uveitis Nomenclature). Ces critères ont permis d’harmoniser le langage diagnostique, mais ils ne suffisent pas toujours à apprécier finement l’activité lésionnelle, en particulier dans les pathologies choriorétiniennes multifocales.

C’est dans ce contexte qu’a été développée l’initiative MUV (Multimodal Imaging in Uveitis), portée par l’International Uveitis Study Group [1-10]. Son objectif est d’intégrer de manière structurée les données issues de l’imagerie multimodale dans l’analyse diagnostique et évolutive des uvéites postérieures. Après plusieurs rapports consacrés à des entités spécifiques, le dernier rapport (rapport 10) vise à définir des mesures d’activité fondées sur l’imagerie, applicables aux principales pathologies choriorétiniennes inflammatoires [3].

Les pathologies concernées sont le syndrome des taches blanches évanescentes (MEWDS, pour multiple evanescent white dot syndrome), l’épithéliopathie en plaques, la choroïdite multifocale idiopathique/choroïdite ponctuée interne, la choroïdite serpigineuse et la choriorétinopathie de type Birdshot.

Une méthodologie rigoureuse fondée sur le consensus

Le travail du groupe MUV repose sur une méthodologie structurée [3]. Les auteurs ont repris les recommandations déjà établies dans les rapports précédents, puis ont isolé les signes d’imagerie les plus pertinents pour juger de l’activité de la maladie. Ces signes ont été classés en trois catégories :

– signes évocateurs d’activité ;

– signes évocateurs d’inactivité ;

– signes équivoques, c’est-à-dire non suffisamment spécifiques pour conclure à eux seuls.

Au total, 49 critères ont été discutés, dont 21 retenus comme signes d’activité, 12 comme signes d’inactivité et 16 comme signes équivoques. L’intérêt de cette démarche est double. D’une part elle fournit un langage commun entre cliniciens, d’autre part elle ouvre la voie à des critères d’évaluation plus robustes dans les essais thérapeutiques.

Choroïdite serpigineuse : l’importance des bords lésionnels

Dans la choroïdite serpigineuse, le groupe MUV insiste sur la nécessité d’analyser chaque lésion individuellement, y compris en périphérie, car toutes ne sont pas forcément actives au même moment. Les lésions actives ont typiquement un aspect jaune, surélevé, à bords flous, alors que les lésions inactives présentent des bords atrophiques et pigmentés (fig. 1).

La tomographie par cohérence optique (OCT) est particulièrement utile. Un épaississement focal de la[...]

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À propos de l’auteur

Université de Paris, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS, Centre Hospitalier Universitaire de l’Hôpital Nord, MARSEILLE.