Dunbar HMP, Crabb DP, Behning C et al. Heterogeneous Visual Function Deficits in Intermediate Age-Related Macular Degeneration: A MACUSTAR Report. Ophthalmol Sci, 2025;5:100708.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la principale cause de malvoyance sévère et irréversible dans les pays industrialisés. Elle touche près de 200 millions de personnes dans le monde et ce chiffre devrait approcher 300 millions en 2040 [1].
La classification AREDS de la maladie distingue les formes précoces Early AMD comportant des drusen de petite taille, les formes intermédiaires Intermediate AMD, définies par la présence de drusen de taille intermédiaire ou de gros drusen associés à des anomalies de l’épithélium pigmentaire (fig. 1), et les formes tardives (atrophiques et/ou néovasculaires) Late ou Advanced AMD [2]. Si la symptomatologie des stades avancés est bien connue – perte d’acuité visuelle centrale, métamorphopsies et scotomes –, la réalité fonctionnelle des formes débutantes, regroupées en Europe sous le terme de maculopathie liée à l’âge (MLA) est bien plus complexe.
En effet, de nombreux patients atteints de DMLA intermédiaire (iAMD) rapportent des difficultés visuelles dans des conditions de faible luminosité, de vision crépusculaire ou lors d’activités nécessitant un contraste élevé, alors même que leur acuité visuelle corrigée reste souvent normale. Cette discordance entre gêne et plaintes fonctionnelles des patients d’un côté, et résultats des tests standards de l’autre, pose problème au quotidien, tant pour la prise en charge clinique que pour la conception d’essais thérapeutiques.
L’étude MACUSTAR a été mise en place en Europe afin de mieux caractériser les atteintes fonctionnelles et structurelles dans l’iAMD. L’objectif est de valider des éléments sensibles et reproductibles, qui pourraient servir de critères de jugement dans les futurs essais cliniques, testant de nouvelles stratégies thérapeutiques à ce stade précoce de la maladie [3].
L’analyse transversale de l’étude MACUSTAR, récemment publiée dans Ophthalmology Science, a inclus 585 participants atteints de DMLA intermédiaire, avec un âge moyen de 72 ans, comparés à 56 témoins sans DMLA, 34 patients avec DMLA précoce et 43 patients avec DMLA tardive.
Un large éventail de tests fonctionnels a été déployé : meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC), acuité visuelle en basse luminance (LLVA), Moorfields Acuity Test (MAT), sensibilité au contraste de Pelli-Robson (PR-CS), vitesse de lecture (SPS), micro-périmétrie mésopique (MesAT) et scotopique (ScoAT), et temps de récupération à l’obscurité (RIT).
Les auteurs montrent que, par rapport aux témoins, tous les tests, sauf la vitesse[...]
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