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Brèves — DMLA : repenser la classification

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Article commenté : KAUFMANN A, BLAIR J, LASAGNI VITAR R et al. Phenotyping of Patients with Age-Related Macular Degenera-tion Using Artificial Intelligence-Driven Biomarker Patterns in OCT. Ophthalmol Sci, 2026;6:101101.

La classification de la DMLA a longtemps reposé sur une démarche de simplification pragmatique. L’échelle AREDS proposée par Ferris en 2005 en constitue une étape majeure : fondée sur quelques critères accessibles au fond d’œil (taille des drusen, anomalies pigmentaires), elle permet une estimation rapide du risque de progression en pratique clinique [1]. Cette approche a été structurée et enrichie par la suite avec la classification de Beckman en 2013 [2], puis plus récemment par l’intégration de nouveaux marqueurs tels que les pseudodrusen réticulés (SDD), désormais reconnus comme un facteur de risque évolutif à part entière [3].

À l’opposé de cette logique de simplification, les approches récentes fondées sur l’imagerie OCT et l’intelligence artificielle visent à explorer la complexité structurelle de la maladie. L’étude de Kaufmann et al. s’inscrit pleinement dans cette démarche, en proposant une caractérisation fine de la DMLA à partir de biomarqueurs OCT multiples, sans a priori sur les stades cliniques traditionnels.

L’article publié dans Ophthalmology Science en février dernier illustre cette approche originale fondée sur l’analyse automatisée des biomarqueurs OCT par intelligence artificielle. À partir d’un large ensemble de données (plus de 10 000 volumes OCT issus de patients atteints de DMLA), les auteurs ont extrait de multiples paramètres structuraux (épaisseur des couches rétiniennes, présence de fluide, matériel sous-RPE, etc.) pour construire une représentation continue de la maladie, plutôt qu’une classification en stades discrets.

L’analyse permet d’identifier neuf sous-phénotypes correspondant à une combinaison spécifique de biomarqueurs OCT, traduisant des profils structurels différents (clusters) au sein de la DMLA. Un premier résultat marquant est l’existence d’un continuum structural. Les patients ne se répartissent pas en catégories nettes, mais selon un paysage continu où les caractéristiques évoluent progressivement (fig. 1).

 

Sur le plan structural, plusieurs tendances fortes émergent. L’amincissement des couches externes (zone ellipsoïde, segments externes, épithélium pigmentaire) est retrouvé dans l’ensemble des clusters, avec une aggravation progressive vers les formes avancées. L’observation confirme le rôle central de la dégénérescence du complexe photorécepteurs–épithélium pigmentaire dans l’évolution de la maladie.

L’étude met en évidence des altérations systématiques des couches internes : amincissement des couches ganglionnaires et plexiformes[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.