Neuropathies optiques toxiques et carentielles : comment ne pas passer à côté
Les neuropathies optiques toxiques et carentielles sont des atteintes acquises du nerf optique, caractérisées sur le plan clinique par une baisse visuelle bilatérale, indolore, le plus souvent progressive, associée à une dyschromatopsie et à un scotome central ou centrocæcal. Le fond d’œil est souvent normal aux stades précoces, puis apparaît secondairement une pâleur papillaire prédominant au niveau temporal. Si certaines formes évoluent de manière insidieuse, d’autres peuvent se révéler par une baisse visuelle rapidement ressentie. Les explorations paracliniques permettent de confirmer l’atteinte. Le champ visuel met en évidence un scotome central ou cæcocentral bilatéral, tandis que la tomographie par cohérence optique retrouve une atteinte diffuse du complexe des cellules ganglionnaires et un amincissement de la couche des fibres nerveuses rétiniennes en temporal de la papille. Le diagnostic étiologique repose avant tout sur l’interrogatoire et l’analyse du contexte, permettant d’identifier une exposition médicamenteuse ou toxique, ou un terrain carentiel. L’identification précoce du facteur causal est essentielle, car l’arrêt du toxique ou la correction d’une carence peut permettre une récupération visuelle, alors qu’un retard diagnostique expose à une évolution vers une atrophie optique irréversible.
