Revues Générales

Revues Générales Microbiote et DMLA : un lien plus que complexe
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La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de déficience visuelle chez les patients de plus de 65 ans et la prévalence devrait augmenter d’ici 2040. Son évolution peut mener à une forme atrophique ou néovasculaire. Des études récentes suggèrent un lien entre le microbiote intestinal et la DMLA via un axe intestin-rétine, où un déséquilibre du microbiote (dysbiose) favorise l’inflammation et la progression de la maladie.
L’alimentation modifie le microbiote et joue également un rôle clé dans la DMLA. En effet, un régime méditerranéen pourrait réduire les risques, tandis qu’un régime obésogène les accroît. Des nutriments comme les omégas 3 et les antioxydants influencent aussi le microbiote et pourraient protéger contre la DMLA.
Enfin, des études montrent des différences dans la composition bactérienne des patients atteints, ainsi que des polymorphismes génétiques, notamment du facteur H du complément, qui sont liés à la DMLA et au microbiote.

Revues Générales Les effets secondaires ophtalmologiques des inhibiteurs de checkpoints
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Les inhibiteurs de checkpoints, dont la découverte a été récompensée par le prix Nobel en 2018, sont des traitements immunologiques récents qui ont révolutionné le pronostic des cancers métastatiques incurables.
Les effets secondaires ophtalmologiques sont rares et localisés principalement au niveau du segment antérieur : conjonctivites, kératites, syndrome sec. Les effets secondaires au niveau du pôle postérieur sont encore plus rares et se manifestent comme des chorio-rétinopathies, sous-tendues par des mécanismes inflammatoires récemment décrits, médiées par les lymphocytes T. La compréhension de ces mécanismes peut aider la démarche diagnostique qui n’est pas toujours aisée.
La prise en charge des effets secondaires oculaires des inhibiteurs de checkpoints est conjointe entre l’ophtalmologiste et l’oncologue. Le traitement comporte une corticothérapie topique, locale ou systémique et ne nécessite pas toujours l’arrêt de l’immunothérapie.
Compte tenu du nombre croissant de nouvelles molécules dans cette classe et des indications de plus en plus larges, il est important pour les ophtalmologistes de connaître leurs indications et leurs effets secondaires potentiels, car même si ceux-ci restent rares, ils peuvent menacer la fonction visuelle.

Revues Générales Les anti-VEGF de seconde génération : traitement de première ligne de la DMLA néovasculaire
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La prise en charge de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) néovasculaire et de l’œdème maculaire diabétique (OMD) a été profondément transformée par les inhibiteurs du VEGF. Après une première génération dominée par le ranibizumab et l’aflibercept 2 mg, les anti-VEGF de seconde génération redéfinissent aujourd’hui les standards thérapeutiques. L’aflibercept 8 mg et le faricimab élargissent l’arsenal disponible et s’imposent comme traitements de première ligne de la DMLA néovasculaire et de l’OMD. à l’avenir, se profilent également les inhibiteurs de tyrosine kinase à libération prolongée et la thérapie génique, susceptibles de réduire encore le fardeau thérapeutique et de transformer la stratégie de prise en charge.

Revues Générales Les lymphomes vitréo-rétiniens primitifs : quelles options thérapeutiques en 2025 ?
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Le lymphome vitréo-rétinien primitif est un lymphome agressif, rare, qui peut altérer sévèrement la vision et mettre en jeu le pronostic vital par la fréquente dissémination cérébrale. La présentation clinique initiale est peu évocatrice et les traitements d’épreuves par corticoïdes masquent les symptômes. La suspicion clinique doit être confirmée par une vitrectomie diagnostique.
Le traitement a pour objectif de restaurer la vision et de diminuer le risque de rechute cérébrale. Il doit se faire en milieu hospitalier spécialisé. Les possibilités thérapeutiques sont variées en termes de modalités, d’objectifs, d’effets secondaires et d’indications. Des traitements locaux, tels que des injections intra­vitréennes de méthotrexate ou une radiothérapie préférentiellement utilisée à faible dose en consolidation d’une rémission, sont possibles.
Les chimiothérapies intraveineuses sur le modèle des lymphomes cérébraux reposent sur des injections intraveineuses séquentielles de méthotrexate à forte dose. Parfois, une chimiothérapie intensive avec autogreffe de cellules souches hématopoïétiques est nécessaire. D’autres traitements anti-lymphomateux par voie orale, comme des thérapies ciblées ou des immunomodulateurs, sont proposés en seconde ligne ou d’emblée selon l’état du patient. Des traitements novateurs comme l’immunothérapie cellulaire (CAR-T cells) sont en cours d’évaluation. L’évaluation rigoureuse de la réponse au traitement nécessite une coopération étroite entre l’ophtalmologue et l’hématologue, pour ajuster le traitement. Les rechutes oculaires restent fréquentes. Le suivi ophtalmologique, hématologique et par IRM cérébrale au long cours est indispensable.

Revues Générales L’apport de l’intelligence artificielle dans l’adaptation des lentilles rigides des patients atteints de kératocône
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Il est reconnu que les lentilles de contact rigides perméables au gaz (LRPG) améliorent significativement l’acuité et la qualité visuelle des patients atteints de kératocône modéré à sévère. Elles permettent ainsi une amélioration de la qualité de vie [1]. L’adaptation en LRPG peut s’avérer longue et complexe, aussi bien pour le contactologue que pour le patient. L’augmentation de la fréquence du dépistage de cette maladie entraîne une augmentation de la demande d’adaptation en contactologie.
L’évolution des géométries et des matériaux des lentilles de contact rigides pour les patients atteints de kératocône permet l’adaptation de la plupart de ceux-ci [2]. Du succès ou de l’échec de cette adaptation découlera le reste de la prise en charge du patient. Une prise en charge chirurgicale, par anneaux intracornéens ou une greffe de cornée, pourra être proposée selon le stade de la maladie en cas d’échec d’une adaptation en lentilles.

Revues Générales Glucocorticoïdes : sont-ils contre-indiqués dans la choriorétinite séreuse centrale ?
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La choriorétinite séreuse centrale (CRSC) est une maladie touchant la choroïde et la rétine, associée à une vasodilatation veineuse et à une dysrégulation hémodynamique. Elle provoque un décollement séreux de la rétine, souvent réversible, mais pouvant entraîner une perte de vision dans certains cas chroniques. Elle touche principalement les hommes d’âge moyen et peut être influencée par des facteurs génétiques, anatomiques et hormonaux.
Les glucocorticoïdes (GCs) systémiques doivent être évités chez les patients atteints de CRSC. L’administration intraoculaire semble sans risque et pourrait être envisagée comme traitement dans des cas résistants. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour préciser ces recommandations.

Revues Générales Les segments d’anneaux cornéens intrastromaux allogéniques en chirurgie du kératocône
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Les segments d’anneaux cornéens intrastromaux allogéniques (CAIRS) représentent une alternative innovante aux anneaux synthétiques pour le traitement du kératocône. Leur biocompatibilité, associée à l’utilisation de la technologie laser femtoseconde, réduit les complications tout en permettant de fabriquer plusieurs segments à partir d’un seul greffon cornéen. Portant sur 79 yeux, notre étude a montré une amélioration significative de l’acuité visuelle corrigée (CDVA), avec un gain moyen de deux à trois lignes après 6 mois. Les résultats kératométriques (Kmax, K1, K2) et les aberrations optiques ont également été significativement améliorés.
Le taux de satisfaction global est de 86,1 %. Déplorant souvent une diminution de la vision non corrigée (malgré une amélioration objective), 13,9 % des patients étaient insatisfaits. Les CAIRS améliorent la régularisation de la cornée. Mais ils présentent quelques limites. Leur efficacité dépend d’une planification et d’un ajustement précis adaptés à chaque cas. Malgré tout, au prix d’une standardisation de la technique, ils pourraient à terme remplacer les implants synthétiques.

Revues Générales Vieillissement de la voie trabéculaire et glaucome
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Le trabéculum joue un rôle central dans la régulation de la pression intraoculaire (PIO). Les modifications de sa structure peuvent entrainer une réduction de l’évacuation de l’humeur aqueuse et donc une élévation de la PIO.
Le vieillissement pathologique (en intensité et/ou en temporalité) du trabéculum, caractérisé par une sénescence cellulaire, une fibrose de la matrice extracellulaire (MEC), une perte de la fonction mécanique et une inflammation chronique, constitue un mécanisme clé dans la pathogénie du glaucome primitif à angle ouvert (GPAO).
Cet article propose une revue détaillée des altérations structurelles, biochimiques et inflammatoires du trabéculum vieillissant, en intégrant les avancées récentes de la recherche sur le sujet.

Revues Générales Prise en charge thérapeutique des dysfonctionnements meibomiens
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Une bonne utilisation de la lumière pulsée et de ses associations synergiques passe par le recours à des stratégies thérapeutiques adaptées. Non pharmacologiques, ces nouveaux traitements visent à remédier au dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM), cause de sécheresses évaporatives par manque de lipides dans le film lacrymal. Des experts internationaux de la sécheresse oculaire ont développé un outil diagnostique efficace (www.dryeyescore.com). Baptisé eTAO (pour épithélium cornéen, télangiectasies, atrophie et obstruction des glandes de Meibomius), ce dispositif permet d’orienter la stratégie thérapeutique, dont la lumière pulsée intense (IPL) représente le traitement de première intention.
Ainsi, la majorité des sécheresses oculaires évaporatives peuvent bénéficier d’une nette amélioration, à défaut d’une guérison. Pour les cas les plus graves, les techniques modernes de reconstruction chirurgicale restent indispensables.

Revues Générales Glaucome
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En France, l’âge moyen des mères à l’accouchement du premier enfant est de 31 ans. À cet âge, la prévalence du glaucome est très faible, de l’ordre de 0,16 % [1], mais la pathologie doit être connue, car le passage systémique des collyres expose le fœtus à des risques malformatifs, voire létaux.
Pour des raisons éthiques, aucune étude clinique n’évalue les risques encourus par le fœtus quand des antiglaucomateux sont utilisés chez la femme enceinte. L’ensemble des recommandations émane d’études animales ou d’études rétrospectives de cas cliniques, dont le niveau de preuve scientifique est bas.

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