Pathologies cornéennes : quoi de neuf ?

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La corticothérapie dans la prise en charge des kératites bactériennes

L’utilisation de corticoïdes locaux en phase aiguë de traitement des kératites bactériennes est controversée. Peu de données dans la littérature permettent de se forger une opinion tranchée. Certaines études rapportent un risque d’allongement de la durée de l’infection et de récidive infectieuse, alors que d’autres sont en faveur d’une meilleure récupération visuelle par modulation de médiateurs inflammatoires de la cicatrisation.

L’étude SCUT (pour “corticoïdes dans les ulcères cornéens”), soutenue par l’Institut national des yeux (NEI) américain, vient de rendre ses conclusions sur les bénéfices d’un traitement adjuvant corticoïdes dans les kératites bactériennes [1, 2]. Il s’agit d’une étude multicentrique randomisée en double aveugle comparant un traitement de kératite bactérienne par une fluoroquinolone de 4e génération (moxifloxacine), associée soit à un corticoïde local (prednisolone), soit à un placebo (chlorure de sodium). Les deux groupes incluaient 250 patients chacun. Tous les patients avaient une confirmation microbiologique de l’infection bactérienne par culture positive à 48 heures. Les germes en cause étaient des gram positifs dans 72,3 % des cas (Streptococcus pneumoniae 49,4 %, Nocardia 11,1 %, Staphylococcus coagulase négative 4,3 %, Staphylococcus aureus 3,2 %) et des gram négatifs dans 27,7 % des cas (Pseudomonas aeruginosa 21,9 %, Moraxella 3 %). Quarante-huit heures après le début du traitement par moxifloxacine était introduit soit le traitement par prednisolone, soit par placebo, à raison d’une goutte 4 fois par jour pendant une semaine, puis 2 fois par jour pendant une semaine, puis 1 fois par jour pendant une semaine.

L’étude SCUT n’a pas retrouvé de différence entre les deux groupes sur le principal critère qui était l’acuité visuelle à trois mois. Il n’y avait pas non plus de différence à trois mois sur la vitesse de réépithélialisation ni sur la profondeur ou la taille de l’infiltrat. Le taux de complications et notamment de perforations cornéennes, de greffes de cornée thérapeutique “à chaud” ou de co-infections fungiques n’était pas différent entre les deux[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Référence National du Kératocône, CHU, TOULOUSE.

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