Comment optimiser le rôle de l’interniste ?

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Une collaboration étroite entre l’ophtalmologiste et l’interniste est fondamentale dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique des maladies inflammatoires et systémiques touchant l’œil. Cet échange permet d’optimiser les chances d’arriver à un diagnostic étiologique, d’écarter les étiologies infectieuses, puis d’adapter la prise en charge thérapeutique individualisée, plus précisément la gestion des immunosuppresseurs et depuis quelques années des agents biologiques. Les uvéites sont des pathologies dont l’incidence dans les pays occidentaux est de 17 à 52 cas pour 100 000 habitants. Cette incidence s’élève entre 200 et 700 cas pour 100 000 habitants dans certains pays comme la Chine ou l’Inde, du fait de la forte prévalence des uvéites infectieuses qu’on y observe.

Les uvéites sont responsables d’un dixième des cas de cécité. Une étiologie est identifiée dans environ 50 à 60 % des cas. L’identification d’une étiologie permet la mise en œuvre d’une thérapeutique appropriée. Les maladies systémiques/inflammatoires les plus fréquemment rencontrées sont la sarcoïdose, la maladie de Behçet, les spondylarthropathies, les arthrites juvéniles idiopathiques, les maladies inflammatoires du tube digestif et la sclérose en plaques (SEP). On peut également ajouter les atteintes neuro-ophtalmologiques dans le cadre des vascularites (artérite à cellules géantes, granulomatose avec polyangéite…), ou des connectivites (lupus systémique, syndrome de Gougerot-Sjögren…).

Avant toute chose, l’intervention de l’interniste doit être précoce, si possible dès le début de la prise en charge ophtalmologique afin de porter le diagnostic de la maladie systémique sous-jacente le plus rapidement possible. L’objectif principal est de ne pas prendre le risque d’un retard diagnostique d’une maladie systémique grave, en particulier d’une maladie de Behçet, qui peut mettre en jeu le pronostic visuel à court terme, ou se compliquer d’une autre atteinte viscérale grave. Il est également important, dans la mesure du possible, de terminer le bilan diagnostique avant l’introduction d’un traitement systémique qui peut négativer certains examens et faire conclure in fine à tort à une uvéite idiopathique. Or, nous savons que l’évolution des pathologies inflammatoires oculaires est très imprévisible, et que l’on est souvent amené à débuter en urgence un traitement systémique chez un patient dont la présentation initiale n’avait pas de critère de gravité.

Lorsque le patient est adressé à l’interniste, celui-ci doit disposer d’une description claire et précise de la présentation ophtalmologique du patient. La caractérisation anotomoclinique d’une atteinte oculaire inflammatoire est un élément central dans la démarche diagnostique. En effet, si des maladies comme la sarcoïdose peuvent toucher toutes[...]

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