Des souris retrouvent l’acuité visuelle de leur jeunesse !

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Lu Y, Brommer B, Tian X, Krishnan A et al. Reprogramming to recover youthful epigenetic information and restore vision. Nature, 2020;588:124-129.

Le vieillissement peut être décrit comme un processus dégénératif qui entraîne un dysfonctionnement progressif des tissus aboutissant à la mort des individus. L’un des mécanismes impliqués dans le vieillissement repose sur l’accumulation de signaux épigénétiques qui perturbent peu à peu les schémas d’expression des gènes, entraînant une diminution des fonctions tissulaires et de leurs capacités de régénération.

L’épigénétique est habituellement définie comme l’étude des modulations de l’activité des gènes qui peuvent être transmises sans impliquer de mutation de la séquence de l’ADN [1]. Cette régulation de l’activation des gènes explique comment, alors que toutes nos cellules contiennent le même génome, celles-ci se sont différenciées de manières diverses depuis l’embryon. Des modulations plus subtiles de l’activation du génome interviennent aussi au cours de la vie de l’individu, au niveau d’un même tissu avec l’expression plus ou moins importante de certains caractères.

Les modifications des processus de méthylation de l’ADN sont le principal élément impliqué dans l’épigénétique du vieillissement. La méthylation de l’ADN inhibe en effet la transcription et inactive les gènes qui font l’objet de ce processus. Il reste encore difficile de déterminer si les cellules âgées ont conservé l’information qui serait nécessaire pour restaurer un état antérieur et si cela permettrait d’améliorer les fonctions tissulaires.

Le système nerveux central (SNC) perd progressivement ses fonctions et ses capacités de régénération. Les auteurs de cette étude publiée dans Nature le 2 décembre ont utilisé l’œil comme un modèle tissulaire du SNC. Ils ont utilisé 3 gènes regroupés sous le terme OSK (OCT4, SOX2 et KLF4) qui sont impliqués depuis une dizaine d’années dans des travaux sur la dédifférenciation cellulaire.

Ils montrent que l’expression ectopique de ces 3 gènes dans les cellules ganglionnaires de la rétine de souris a permis de restaurer des schémas de méthylation antérieurs de l’ADN et de moduler les ARN messagers pour régénérer certains processus de synthèse des protéines (fig. 1). Trois expérimentations complémentaires réalisées chez la souris leur ont permis de montrer qu’il est possible de favoriser la régénération des axones après un traumatisme, de faire remonter l’acuité visuelle chez des souris âgées et enfin d’inverser les baisses de vision dans un modèle murin de glaucome, comportant l’injection de billes en chambre antérieure pour majorer la pression intraoculaire. Les effets bénéfiques de la reprogrammation cellulaire induite par ces[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.