Que sait-on des mécanismes physiopathologiques ?
La modification de la signalisation choroïdienne et sclérale, qui supprime l’allongement axial, est le mécanisme physiopathologique essentiel par lequel l’atropine contrôle la progression de la myopie. Un épaississement de la choroïde (qui est corrélé à une réduction de l’allongement axial) est systématiquement observé dans les essais cliniques chez l’humain. L’atropine déclenche une régulation positive d’interleukine-6 (IL-6) et une signalisation liée à l’oxyde nitrique, comme démontré dans des yeux de poulet. Ceci est associé à un ralentissement de l’allongement oculaire, identifiant IL-6 comme une cytokine inhibitrice de la croissance (activée par l’atropine). Des modèles animaux et in vitro montrent que l’atropine augmente la production de collagène I et de fibronectine sclérale, contrecarrant l’amincissement de la matrice extra-cellulaire qui permet l’allongement axial.
Des travaux supplémentaires montrent que l’atropine combinée au cartéolol active la voie PGC-1α/NRF2/HO-1, supprimant le remodelage scléral. Des études par électrorétinogramme (ERG) démontrent que l’atropine potentialise les réponses de la rétine interne à la défocalisation myopique dans la rétine périphérique, soutenant l’amélioration des signaux d’arrêt pour la croissance oculaire. Enfin, des études animales montrent que l’atropine augmente la libération de dopamine, un inhibiteur connu de l’allongement axial [1, 2].
Quand initier le traitement par atropine ?
Les seuils d’initiation recommandés en Europe au vu des études MOSAIC et LAMP sont les enfants âgés de 6 à 12 ans présentant une progression supérieure ou égale à 0,5 D par an ou une myopie d’apparition précoce avec de forts antécédents familiaux. Ces recommandations ne sont certainement pas exhaustives dans la mesure où elles sont soutenues par les critères d’inclusion de ces études [3, 4].
Quelle posologie choisir ?
L’efficacité est dose-dépendante, mais les effets indésirables le sont également. Le principal essai contrôlé randomisé (ECR) européen (MOSAIC) a démontré que l’atropine à 0,05 % réduisait davantage la progression de la myopie que le 0,01 %. Bien qu’un taux légèrement supérieur de photophobie ait été observé (8 % contre 0 %), cela n’a pas entraîné d’impact sur l’arrêt du traitement par les participants [3]. Les méta-analyses multinationales s’accordent aussi à désigner la concentration de 0,05 % comme l’équilibre optimal entre efficacité et sécurité.
Une étude sur 361 enfants européens traités à un dosage de 0,01 % a montré une progression de l’équivalent sphérique (ES) de –0,63 D sur 5 ans, contre –0,92 D chez les témoins (réduction de 31,5 %). Cette efficacité est modeste, comparée à celle[...]
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