Que sait-on de la toxicité rétinienne des NRTI ?

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À propos d’un cas…

Un homme de 63 ans se présente pour un deuxième avis devant la découverte de lésions atrophiques choriorétiniennes en moyenne périphérie. Ce patient est peu symptomatique, il n’a pas d’antécédents familiaux de pathologie ophtalmologique, et a pour seul antécédent notable une infection VIH (virus d’immunodéficience acquise) traitée depuis 1996.

Son acuité visuelle est conservée à 20/25 à droite et 20/32 à gauche. Au champ visuel goldman, on retrouve des scotomes arciformes sur les isoptères de moyenne périphérie. Au fond d’œil, les plages d’atrophies sont effectivement limitées à la moyenne périphérie et le pôle postérieur est préservé, ce qui est confirmé par les clichés en autofluorescence (fig. 1) et en OCT SD (fig. 2).

Après avoir éliminé les étiologies infectieuses, inflammatoires, héréditaires (choroïdérémie, atrophie gyrée) ou en rapport avec la myopie, l’hypothèse d’une cause iatrogène est évoquée…

Toxicité rétinienne aux NRTI

L’atrophie choriorétinienne périphérique est secondaire à une intoxication prolongée aux antirétroviraux de la famille des NRTI (nucléotide ou nucléoside, transcriptase reverse inhibitor). Cette classe thérapeutique comprend depuis le début de l’histoire, des antirétroviraux les traitements les plus prescrits (Videx, Viread, Combivir, Truvada…) en mono ou en trithérapie.

Dans la littérature, quatre articles rapportent des cas de toxicité rétinienne secondaire à un traitement de ce type. Deux études prospectives ont été réalisées en 1992 [1] et 1993 [2], elles ont toutes les deux mis en évidence la survenue de lésions atrophiques périphériques chez des patients traités par de fortes doses de traitements antirétroviraux de type NRTI. Ces lésions sont rares mais elles peuvent apparaître très rapidement après le début du traitement.

La morphologie de ces lésions est très similaire dans l’ensemble des publications [1-4] avec des patchs d’atrophie choriorétinienne caractéristiques prédominant en moyenne périphérie. La macula semble, elle, longtemps préservée. Le champ visuel est altéré en moyenne périphérie et le bilan électrorétinographique (ERG) confirme[...]

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