Drusen cuticulaires : risques évolutifs ?

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Sakurada Y, Parikh R, Gal-Or O et al. Cuticular drusen: risk of geographic atrophy and macular neovascularization. Retina, 2020;40:257-265.

Les drusen cuticulaires (DC), autrefois appelés dépôts laminaires basaux, sont classiquement repérés chez des patients ayant la cinquantaine, souvent de sexe féminin. L’importance de leur diagnostic repose classiquement sur la possibilité de constitution d’un dépôt de matériel sous-rétinien qui simule un décollement séreux rétinien (DSR) [1]. L’aspect de pseudo-­DSR observé en OCT peut faire craindre, à tort, la présence de néovaisseaux choroïdiens qui imposerait des traitements.

Le diagnostic de ces drusen est facile en angiographie à la fluorescéine, avec l’aspect de “ciel étoilé” dès les temps précoces de la séquence (fig. 1) [2]. Cet aspect a pu être corrélé avec la composition des DC pauvres en lipides neutres et riches en phospholipides [3]. L’autofluorescence est maintenant davantage utilisée en pratique courante et ces drusen peuvent être repérés sous la forme de points noirs non confluents, parfois entourés d’un halo autofluorescent (fig. 2) [4]. Une étude avait montré la localisation des DC entre la membrane basale de l’épithélium pigmentaire et la couche de collagène interne de la membrane de Bruch, tout comme les drusen séreux [5].

L’étude rétrospective publiée par l’équipe de Yannuzzi permet peut-être de relativiser le discours parfois rassurant à propos de ces drusen. Les auteurs ont évalué le risque à 5 ans de progression vers l’atrophie géographique et/ou vers des néovaisseaux choroïdiens. Un total de 63 yeux de 38 patients (35 femmes), initialement âgés de 58,9 ± 14,2 ans, ont été suivis pendant une moyenne de 40 ± 18 mois. Les drusen ont été classé en 3 groupes suivant leur aspect :
– phénotype 1 : DC denses au niveau de la macula et au pourtour ;
– phénotype 2 : DC dispersés au pôle postérieur ;
– phénotype 3 : DC associés à des drusen séreux.

Les patients présentant une atrophie géographique et/ou des néovaisseaux choroïdiens au niveau d’un œil lors du diagnostic initial ont été exclus de l’étude. Les auteurs ont utilisé une courbe de Kaplan-Meier pour évaluer le risque évolutif sur 5 ans chez les patients restants.

Pour l’ensemble des patients, le risque cumulé à 5 ans de développer une atrophie géographique était de 28,4 % et celui d’une néovascularisation était de 8,7 %. Plus précisément, l’incidence estimée à 5 ans de développer une atrophie géographique ou des néovaisseaux était de 12,6 % pour le phéno­type 1, de 50,0 % pour le phénotype 2 et de 51,6 % pour le phénotype 3.

Les auteurs concluent que la présence de DC est associée à un risque significatif[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.

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