Cinq sujets porteurs d’avancées marquantes ont retenu notre attention pour cette édition 2026 de “l’année en surface oculaire”. Nous commencerons par les nouveautés du DEWS III (Dry Eye Workshop). Cette troisième édition de la conférence de consensus de la Tear Film & Ocular Surface Society (TFOS) apporte quelques nouveautés significatives dans la définition, le diagnostic et la prise en charge de la sécheresse oculaire, avec un message simple : il est temps de passer des classifications empiriques à un ciblage thérapeutique précis. La place des collyres à la ciclosporine y est plus importante que dans les éditions précédentes, en phase avec les évaluations de nouvelles formulations mieux tolérées et plus rapidement efficaces.
Nous poursuivrons par une innovation thérapeutique qui pourrait améliorer la prise en charge de la fibrose cornéenne : le collyre au losartan, antihypertenseur repositionné en agent anti-fibrotique cornéen, dont les données cliniques préliminaires suscitent un enthousiasme mondial.
Nous aborderons ensuite les nouveautés dans la prise en charge des kératites neurotrophiques, portées par deux approches thérapeutiques aux trajectoires très contrastées : d’un côté la cénégermine, non disponible en France, et dont les preuves cliniques continuent de s’étoffer ; et de l’autre, le collyre à l’insuline, alternative prometteuse et remarquablement accessible.
Nous terminerons par un sujet qui va concerner tous les ophtalmologistes : les kératopathies liées à une nouvelle catégorie d’anticancéreux : les immunoconjugués (antibody drug conjugate [ADC]). C’est un véritable “raz de marée” de consultations qui s’annonce, avec plus de 170 ADC en essais cliniques et des toxicités cornéennes potentiellement sévères, affectant jusqu’à 60 % des patients traités.
TFOS DEWS III : la sécheresse oculaire entre dans une nouvelle ère
Le rapport TFOS DEWS III, publié en mai-juin 2025 dans l’American Journal of Ophthalmology, représente la mise à jour la plus importante du consensus international sur la sécheresse oculaire depuis le DEWS II de 2017 [1-3]. Fruit de la collaboration entre 80 experts de 18 pays, il succède au DEWS II dans une formulation plus compacte : un résumé (“Digest”), une partie consacrée au diagnostic et à la méthodologie des essais cliniques (“Diagnostic & Methodology”), et enfin le chapitre “Management and Therapy”, centré sur la prise en charge.
La définition de la sécheresse oculaire change pour intégrer un nouveau critère nécessaire : le caractère symptomatique de l’affection. Ainsi, un patient présentant des signes d’instabilité lacrymale sans aucun symptôme ne rentre pas dans le cadre diagnostic de la maladie de la sécheresse oculaire. La définition élargit également la perte d’homéostasie au film lacrymal et/ou la surface oculaire[...]
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