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Schisis-décollement : faut-il toujours opérer ?

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La découverte d’un schisis-décollement soulève assez naturellement la question d’une intervention chirurgicale, en particulier lorsque sa limite postérieure s’approche du pôle postérieur. Pourtant, un schisis-décollement périphérique asymptomatique ne constitue pas, à lui seul, une indication opératoire. L’histoire naturelle des rétinoschisis dégénératifs est le plus souvent favorable : leur évolution est généralement lente et le passage vers un véritable décollement de rétine progressif reste rare [1, 2]. La surveillance constitue donc une option raisonnable tant que la lésion reste stable, asymptomatique et ne menace pas la macula.

Chez ce patient de 63 ans, examiné initialement en février 2025 pour une simple réfraction, l’acuité visuelle était de 10/10 et la découverte d’un vaste schisis-décollement temporal inférieur de l’œil gauche était fortuite. L’imagerie ultra-grand champ et l’OCT montraient une limite postérieure assez abrupte, tandis que le vitré, déjà décollé au pôle postérieur, restait attaché en regard de cette zone (fig. 1). En l’absence de symptôme et de progression, une simple surveillance a été retenue.

Le suivi apporte cependant une seconde lecture, plus mécanistique. En janvier 2026, une déchirure rétinienne temporale est apparue à distance du schisis-décollement (fig. 2) et a été entourée par photocoagulation. Simultanément, le décollement postérieur du vitré (DPV) avait progressé vers la périphérie. La déchirure peut ainsi être interprétée comme une conséquence de cette progression du DPV plutôt que comme une complication directe du schisis.

   

Surtout, les examens ultérieurs montrent une modification de la géométrie du bord postérieur du schisis-décollement : son raccord postérieur avec la rétine saine devient progressivement moins abrupt et sa limite paraît même légèrement reculer (fig. 3). Cette évolution, parallèle au détachement du vitré dans cette région, suggère fortement qu’une composante de traction vitréorétinienne participait initialement à l’angulation du bord du schisis-décollement.

Le rôle du vitré dans l’évolution du rétinoschisis reste discuté. Des observations anciennes avaient déjà rapporté une diminution de la hauteur ou de l’étendue d’un schisis-décollement après DPV, tandis que les données plus récentes ne permettent pas d’en faire un mécanisme général [1, 3].

En pratique, l’abstention chirurgicale peut être légitime devant un schisis-décollement asymptomatique non progressif. Le suivi longitudinal peut également révéler des interactions vitréorétiniennes que l’examen initial ne permet pas toujours d’apprécier. Dans notre cas, la progression du DPV s’est[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.