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Hémangiome choroïdien circonscrit : quand la dynamique angiographique révèle la nature de la lésion

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Une patiente de 61 ans est adressée pour l’exploration d’une lésion choroïdienne de l’œil droit. L’examen du fond d’œil montre une masse choroïdienne orange-rouge légèrement surélevée, au pôle postérieur en temporal de la papille (fig. 1A). Sa coloration orange-rouge relativement homogène évoque d’emblée une lésion vasculaire, mais le diagnostic différentiel d’une masse choroïdienne amélanotique justifie une exploration multimodale [1, 2].

L’autofluorescence montre des anomalies irrégulières du signal en regard de la lésion, avec quelques foyers hyperautofluorescents (fig. 1B). Ces modifications reflètent les conséquences de la lésion et d’éventuels phénomènes exsudatifs chroniques sur la rétine externe et l’épithélium pigmentaire, plutôt qu’une caractéristique intrinsèque de la tumeur. L’imagerie Retro mode souligne le relief de la lésion et les irrégularités des tissus sus-jacents (fig. 1C). En angiographie à la fluorescéine, la lésion devient progressivement hyperfluorescente avec une imprégnation aux temps tardifs (fig. 1D).

Une sémiologie angiographique dynamique

L’angiographie au vert d’indocyanine (ICG) apporte ici les éléments les plus caractéristiques. Dès les premières secondes après l’injection, elle révèle le remplissage de larges structures vasculaires au sein de la lésion. La fluorescence tumorale augmente rapidement au cours des premières phases, réalisant le classique wash-in de l’hémangiome choroïdien circonscrit (fig. 2) [1, 3].

Cette visualisation de la vascularisation intrinsèque est favorisée par les propriétés de l’ICG. Contrairement à la fluorescéine, l’ICG est très largement liée aux protéines plasmatiques et diffuse donc beaucoup plus lentement hors des vaisseaux choroïdiens. Aux phases précoces, elle permet ainsi de mieux individualiser les larges espaces vasculaires qui constituent l’hémangiome [4].

L’évolution aux temps tardifs est tout aussi informative. Après l’hyperfluorescence initiale, le signal de la lésion diminue progressivement par rapport à celui de la choroïde environnante. À 42 minutes, la lésion apparaît nettement moins fluorescente : c’est[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.