Les photorécepteurs au premier plan dans la DMLA
Article commenté : VIDAL-OLIVER L, GARZONE D, SCHLOESSER L et al. Structural photoreceptor evaluation in age-related macular degeneration. A comprehensive review of methods and clinical significance. Prog Retin Eye Res, 2026;111:101447.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) a longtemps été pensée comme une maladie de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR), les altérations des photorécepteurs étant considérées comme secondaires. Pourtant, l’imagerie moderne suggère un scénario plus nuancé : les atteintes des photorécepteurs peuvent précéder, dépasser ou se dissocier spatialement des zones d’atrophie de l’EPR visibles en autofluorescence.
Dans une revue approfondie publiée en février dernier dans Progress in Retinal and Eye Research, les auteurs font le point sur l’évaluation structurelle des photorécepteurs dans la DMLA et sur leur valeur clinique croissante. L’article synthétise des données apportées par la tomographie par cohérence optique (OCT) et l’optique adaptative pour explorer les couches externes de la neurorétine avec une précision inégalée jusqu’ici.
Les OCT en spectral domain et en swept-source (résolution axiale 3-7 µm) permettent à présent d’analyser finement l’épaisseur de la couche nucléaire externe (ONL), l’intégrité de la membrane limitante externe (ELM), la continuité et la réflectivité de la zone ellipsoïde (EZ), ainsi que l’épaisseur composite EZ-EPR (fig. 1).
L’ONL, correspondant aux noyaux des photorécepteurs, apparaît comme un biomarqueur structurel intuitif : son amincissement reflète directement une perte cellulaire. Plusieurs études montrent une diminution progressive de l’épaisseur de l’ONL avec l’avancée des stades de DMLA intermédiaire.
La zone ellipsoïde, correspondant à la région mitochondriale des segments internes des photorécepteurs, est probablement le biomarqueur le plus étudié. Sa désorganisation ou son amincissement sont associés à la baisse de sensibilité rétinienne et parfois à l’acuité visuelle lorsque la fovéa est impliquée [1].
Un point majeur de cet article de revue est la démonstration que les altérations des photorécepteurs peuvent précéder l’atrophie visible de l’EP. Dans les essais OAKS et DERBY (pegcetacoplan), les analyses post-hoc ont montré que la perte de l’EZ dépassait spatialement la perte de l’EPR au début du suivi [2]. De plus, la réduction de la progression de la perte de l’EZ sous traitement était parfois plus marquée que celle de la surface d’atrophie.
Ce constat rejoint les observations histologiques : le raccourcissement des segments externes précède la perte des segments internes, elle-même antérieure[...]
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