Longtemps considéré comme un traitement historique, le laser rétinien connaît aujourd’hui une véritable redéfinition de ses indications. À l’ère des anti-VEGF et des biothérapies ciblées, il ne disparaît pas : il se transforme, se précise et se repositionne. Cette session de la Journée nationale de la Société française de rétine, consacrée aux relations entre laser et pathologies rétiniennes, a mis en lumière cette évolution stratégique. De la panphotocoagulation rétinienne (PPR), toujours centrale dans la rétinopathie diabétique proliférante, aux technologies de photocoagulation guidée par imagerie comme le NAVILAS®, jusqu’au repositionnement ciblé de la photothérapie dynamique et à l’émergence de la photobiomodulation (PBM) dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), le laser s’inscrit désormais dans une approche personnalisée et intégrée. Loin d’opposer laser et injections intravitréennes, les communications ont montré comment ces modalités se complètent, s’articulent et s’adaptent au phénotype lésionnel, au profil du patient et aux contraintes de suivi. Le laser n’est plus seulement un outil destructeur : il devient guidé, modulé, combiné – parfois même stimulant. Ces quatre communications illustrent ainsi une mutation profonde : celle d’un laser réinventé, au service d’une rétine de plus en plus personnalisée.
Place de la panphotocoagulation rétinienne en 2025-2026
D’après la communication du Dr J. Akesbi, PARIS
À l’ère des anti-VEGF, la question n’est plus de savoir si la panphotocoagulation rétinienne (PPR) a encore une place dans la rétinopathie diabétique proliférante (RDP), mais comment l’intégrer intelligemment dans une stratégie thérapeutique individualisée. Les recommandations récentes confirment sa robustesse : la PPR demeure un traitement efficace, durable et structurant dans la prise en charge de la RDP [1].
Les données du DRCRnet (Diabetic Retinopathy Clinical Research Network) Protocol S ont établi à cinq ans une acuité visuelle comparable entre ranibizumab et PPR pour le traitement de la RDP. Le traitement anti-VEGF s’accompagne toutefois d’une réduction de l’œdème maculaire diabétique, du recours à la vitrectomie et d’une moindre perte de champ visuel périphérique, mais au prix d’injections répétées et d’une forte dépendance à l’observance [2, 3].
L’étude CLARITY a conforté ces résultats à un an avec l’aflibercept, confirmant une efficacité anatomique et fonctionnelle au moins équivalente à la PPR, sans en effacer les contraintes liées à la répétition des injections et à la dépendance du suivi [4]. La stratégie préventive par anti-VEGF dans les rétinopathies diabétiques non proliférantes (RDNP) sévères a été évaluée dans le Protocol W.[...]
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