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Quoi de neuf dans le dépistage et la freination de la myopie ?

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En l’espace d’une décennie, la myopie est passée du statut de simple trouble réfractif à celui de véritable enjeu de santé publique. Les modélisations épidémiologiques projettent qu’en 2050, un habitant de la planète sur deux sera concerné, et que la proportion de myopies fortes aura quasiment quadruplé par rapport à l’an 2000 [1]. Le risque n’est pas seulement optique : chaque dioptrie supplémentaire et chaque millimètre d’élongation axiale accroissent la probabilité de complications potentiellement cécitantes à l’âge adulte – maculopathie, décollement de rétine, glaucome ou cataracte précoce [1, 3].

Cette progression, largement attribuée à l’évolution des modes de vie – urbanisation croissante, scolarité intensive, réduction du temps passé à l’extérieur, multiplication des activités en vision de près et de l’exposition aux écrans –, touche des populations de plus en plus jeunes [2]. Or, plus la myopie apparaît tôt, plus elle a le temps de progresser et d’atteindre des niveaux élevés à l’âge adulte, ce qui en fait une pathologie pour laquelle l’intervention précoce est déterminante [1, 3]. Le caractère largement environnemental de cette épidémie constitue paradoxalement une opportunité : il ouvre la voie à des stratégies de prévention et de freination susceptibles de modifier favorablement la trajectoire réfractive des enfants.

Dans ce contexte d’accélération épidémiologique et d’expansion de l’arsenal thérapeutique, l’ophtalmologiste praticien est confronté à un double défi : repérer tôt les enfants à risque et choisir la stratégie de freination la plus adaptée. Cet article propose une synthèse des avancées récentes, organisée autour de trois questions pratiques : comment mieux dépister ? que dire aux familles en matière de prévention ? et quelles options thérapeutiques privilégier en 2026 ?

Dépistage : des outils plus précis, une stratification plus fine

  1. La réfraction sous cycloplégie reste incontournable

Chez l’enfant, toute évaluation réfractive fiable passe par la neutralisation de l’accommodation. Le cyclopentolate 0,5 % (seule concentration disponible en France) reste l’agent de première intention pour la majorité des situations cliniques. Lorsqu’une paralysie accommodative plus complète est nécessaire – iris très pigmenté, suspicion d’accommodation résiduelle, contexte de strabisme –, l’atropine 0,5 % offre une alternative robuste. Des travaux récents chez le préscolaire indiquent d’ailleurs que l’atropine démasque une réserve hypermétropique plus importante que le cyclopentolate, ce qui peut modifier la classification réfractive initiale [4]. Rappelons que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a récemment précisé les conditions d’utilisation prudente[...]

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À propos des auteurs

Centre ophtalmologique Saint Paul, PARIS. Fondation Ophtalmologique A. de Rothschild, PARIS.

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Fondation A. de Rothschild, PARIS.

Hôpital Fondation A. de Rothschild, PARIS.

Service d’Ophtalmologie pédiatrique, Fondation Ophtalmologique Adolphe de Rothschild, PARIS.

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.

Service d’Ophtalmo-Pédiatrie et des pathologies du vitré et de la rétine, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, PARIS

Fondation Rothschild, PARIS.

Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.