Infection par T. gondii et modifications du comportement humain

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Johnson SK, Fitza MA, Lerner DA et al. 2018 Risky business : linking Toxoplasma gondii infection and entrepreneurship behaviours across individuals and countries. Proc. R. Soc. B 285 : 20180822

Les parasites sont souvent définis comme des êtres vivant aux dépens d’un hôte sans lui apporter beaucoup en échange mais il est certainement plus réel de nous voir comme des écosystèmes qui intègrent divers parasites et bactéries commensales dans des relations asymétriques souvent complexes. Nous serions par exemple incapables de survivre sans les bactéries de notre tube digestif.

Les parasites ont aussi participé à notre course à l’évolution. L’émergence de la diversité des espèces végétales ou animales peut être vue comme une réaction de défense qui a permis aux espèces d’être moins vulnérables à certains parasites. La course à l’évolution comporte aussi une certaine symétrie parce que les parasites suivent eux aussi un processus évolutif favorisant leur survie.

L’un des éléments les plus stupéfiants en parasitologie est la capacité du parasite à modifier le comportement de son hôte pour favoriser sa transmission et sa reproduction. Un exemple classique est celui des “zombies snails”. Le leucochloridium paradoxum (vers de la famille des helminthes) suit un cycle de reproduction dans le tube digestif des oiseaux dont les fientes infectées de sporocystes souillent les feuilles de végétaux qui seront éventuellement ingérées par des escargots [1]. Chez l’escargot, le parasite produit des sacs pulsatiles qui modifient l’aspect de leurs antennes qui prennent un aspect proche de celui de chenilles. Surtout, l’infection par le parasite incite les escargots à quitter l’abri habituel de la végétation pour évoluer en pleine lumière en agitant leurs antennes ce qui attire le regard des oiseaux prédateurs, favorisant la poursuite du cycle…

De la même manière, plusieurs auteurs ont montré que l’infection par Toxoplasma gondii qui concerne environ 2 milliard d’individus sur la planète pouvait modifier le comportement des humains. La plupart de ces modifications sont généralement perçues comme négatives mais l’article publié le mois dernier par l’équipe de Johnson dans les proceedings de la Royal Society apporte une note plus positive.

Modifications du[...]

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À propos de l’auteur

Centre de Rétine Médicale, MARQUETTE-LEZ-LILLE, Service d’Ophtalmologie, Hôpital Lariboisière, PARIS.