Faut-il jeter tous nos hydrogels ? To be or not to be SIHY ?

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En 1961 apparaissent les premières lentilles en hydrogels. Quelques années plus tard, pour pallier les problèmes de déshydration, sécheresse et d’inconfort des patients, les hydrogels “améliorés” voient le jour avec des lentilles telles que la Proclear de CooperVision avec un composant mucin-like dans la matrice, ou les lentilles de la gamme Moist chez Johnson and Johnson…

En 1999 est mise sur le marché la première lentille souple en silico-hydrogel, la Focus Night & Day de Ciba Vision, qui présente alors un Dk/e exceptionnel rivalisant avec les meilleurs matériaux des lentilles rigides.

Pourquoi voulons-nous rééquiper ou modifier nos habitudes d’adaptation ?

Pour offrir “ce qu’il y a de mieux” à nos patients et donc répondre aux exigences de l’evidence-based medicine. Bien équiper nos patients, c’est relever trois défis principaux :

  • offrir le matériau le plus perméable à l’oxygène pour répondre à la consom­mation en oxygène de la cornée et ne pas entraîner d’altération de la cornée, et particulièrement de l’endothélium ;
  • ne pas favoriser les infections (sécurité maximale) ;
  • être le plus confortable possible pour minimiser les abandons.

Pour rappel, en 1984, Holden [1] donnait 24 comme seuil de Dk/e pour permettre un port diurne des lentilles. Doubler le Dk/e n’entraîne qu’une différence de 3 % sur le flux d’oxygène qui atteint la cornée centrale. L’enjeu n’est donc pas simplement une histoire de Dk/e. On notera que les silico-hydrogels de deuxième et troisième génération ont tous des Dk/e plus ou moins diminués.

L’avènement des lentilles en silico­hydrogel n’a malheureusement pas permis de réduire le risque infectieux (les études sont peu nombreuses [2]). Plus que le matériau, c’est le type de port, jetable ou journalier, qui peut réduire la gravité de ces infections. Avec les silico-hydrogels, il faut penser à la compatibilité lentille/produit d’entretien en se référant en cas de SICS (corneal staining) à la grille d’Andrasko [3]. Les phéno­mènes inflammatoires sont parfois à rechercher avec les silico-hydrogels (infiltrats cornéens symptomatiques ou non, giganto-papillaires).

Le silico-hydrogel est une révolution pour sa perméabilité à l’oxygène, mais il n’a pas solutionné tous nos problèmes. Il faut cependant l’utiliser en première intention pour un nouveau porteur, un jeune, un enfant, une cornée pathologique (seules lentilles avec AMM thérapeutique). On peut[...]

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À propos de l’auteur

Ophtalmologiste, BOULOGNE-BILLANCOURT.